Aujourd'hui, Carlos nous présente un pote à lui, français et sa copine brésilienne. Il enseigne pas très loin dans un lycée français depuis 4 ans (bon plan). Il a une voiture, et nous emmène sur une plage très loin (toujours dans Rio, mais à 2 heures de route). Sur le chemin, on voit un Carrefour, un Leroy Merlin et un Prezunic. On traverse des favelas, des quartiers très riches, puis un parc naturel ou se trouve la plage.
Il fait beau, il fait chaud, le sable est blanc, l'eau est super bonne et transparente, y'a du courant mais ça va. On a du mal à trouver un internetch avec prises usb, donc on peut pas trop mettre de photos. Bientôt, c'est promis. Au bout de la plage, il y a une zone pour nudiste. Sur le bord de la route, des jeunes s'arrêtent pour regarder "le paysage".
On se baigne quelques heures. Christophe (le pote à Carlos) annonce "il est 5 heures et d'mi". C'est à ce moment que Carlos lui apprend qu'on doit être à 19h au sambodrome pour les répétitions générales. Vu le traffic, ça va pas être possible. J'y crois pas. Le pote est plutôt sympas. Il voit que ça va nous gâcher la journée (pour rester poli) si on loupe le défilé à Sapucaí (nom de la rue du Sambodrome), alors il se speed un peu. ça nous embête, mais ça nous arrange. On passe à côté du sambodrome, ça joue déjà.... mais non, Carlos demande à Cristophe de continuer jusqu'à la maison pour manger. Je m'énerve un peu, et on arrive finalement à descendre. On remercie Christophe pour sa gentillesse, et on trace.
Comme on est pas rentré chez carlos, on a faim, on a nos affaires de plage, et surtout, j'ai pas mon MD (qui remarche). Je tire une tronche de 3 km de long toute le reste de la journée. On a manqué la chauffe de la bateria de Grande Rio. J'assassine Carlos du regard, mais je lui paye quand même une bière. Grande Rio défile, ça le fait. Ils sont très nombreux, toutes les alas (ailes de danseurs) sont représentées. Pas de bol, on a une rangée de groupies juste derrière nous qui sont hystériques et nous crient dans les oreilles...
Beija-Flor entre. En guise de chauffe, ils jouent vite fait un hymne et un ancien enredo. On reconnait le break "colibris" avec les questions-réponses surdos-tamborins. Eux aussi sont très nombreux. Des bus marquent les emplacement des chars allégoriques. Musicalement, quelque chose nous titille les oreilles. On cherche, on cherche, et enfin on les voit. Dans la bateria, il y a 6 frigideiras. C'est une petite poêle à frire en métal qui se joue avec une baguette en fer. Ils ne jouent pas les breaks (ou peu) et ne font que la virade.
J'en veux toujours à Carlos. Alors pour se détendre, on va au planalto se boire quelques caïpis. Chacun y va de sa légende sur le samba. Dans l´ordre chronologique inverse, ça donne ça.
L'ajout de silences dans les breaks : un jour, dans un bateria, ça joue, ça groove, le mestre annonce un break, la bateria commence le break puis le répique est censé faire de questions-réponses. A ce moment là il casse sa baguette. L'histoire raconte que la bateria a attendue que le répique retrouve une baguette pour continuer le break. Depuis ce jour, ce break est toujours joué comme ça. Début du break, silence, fin du break.
L'invention du break. Le mérite reviendrait à Grande Rio. Un jour de mauvais temps ou il pleuvait à verse, Grande Rio défile dans la rue. C'est l'âge d'or du samba pour howard puisque s'il n'y avait pas de break, il n'y avait que du groove, du groove et du swing ;-). Bref. Donc, Grande Rio défile sous la pluie. A un moment, le mestre tombe sur la chaussée rendue glissante par la pluie. Le mestre était tellement respecté par les ritmistes qu'ils se sont arrêtés d'un coup. C'est le premier break de l'histoire du samba.
Et mon histoire préférée. Carlos la raconte super bien. Il était une fois, dans un bar, un gars avait un peu trop bu de caïpis et commence à devenir agressif. Il provoque le mec à côté et lui dit "je vai te mettre un coup de couteau" ("ti tuco tu", prononcez "tchitoucotou"), l'autre se démonte pas et lui répond "nan, pas de coup de couteau" ("não tuco tu", prononcez "nantoucotou"), le premier répète, l'autre aussi et ainsi de suite de plus en plus vite. Maintenant, essayer de proncer ces 2 phrases (en VO bien sûr) assez vite, et vous obtenez le groove de samba. Pour simplifier, ça ressemble à la virade / chocalho / répique "tchakalikatchak".
On rigole, le planalto ferme, déjà ? il est encore 4 heures du matin.
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